Sortie « cueillette des mûres ».


Nous étions partis pleins d’entrain pour la cueillette des mûres, mais nous avons fait beaucoup de kilomètres sans en trouver. Nous avons sillonné la région de Bains et de Cayres, sans apercevoir la moindre mûre à l’horizon.
Il y avait un surtout un vent très violent au lac du Bouchet ou nous nous sommes arrêtés pour le pique nique. Nous avons passé une partie de l’après midi à visiter un musée de choses anciennes, allant de l’ancêtre de la machine à laver à la batteuse de céréales.
Nous avons terminé l’après midi par une visite à Emmaüs, au magasin, ainsi qu’ à l’habillement.

Voici le Moulin de L’Escarcelle, un moulin à eau situé près de Cayres.
Sur la RN 88, prendre la sortie de Cayres (43), entre Bizac et Costaros, vous allez découvrir un moulin du XVII° siècle en fonction ainsi qu’un musée.

Aller aux mûres

C’est une balade à faire avec de vieux amis, à la fin de l’été. C’est presque la rentrée, dans quelques jours tout va recommencer ; alors c’est bon, cette dernière flânerie qui sent déjà septembre. On n’a pas eu besoin de s’inviter, de déjeuner ensemble. Juste un coup de téléphone, au début du dimanche après-midi :
– Vous viendriez cueillir des mûres ?
– C’est drôle, on allait justement vous le proposer !
On s’en revient toujours au même endroit, le long de la petite route, à l’orée du bois. Chaque année, les ronciers deviennent plus touffus, plus impénétrables. Les feuilles ont ce vert mat, profond, les tiges et les épines cette nuance lie-de-vin qui semblent les couleurs mêmes du papier vergé avec lequel on couvre livres et cahiers.
Chacun s’est muni d’une boîte en plastique où les baies ne s’écraseront pas. On commence à cueillir sans trop de frénésie, sans trop de discipline. Deux ou trois pots de confitures suffiront, aussitôt dégustés aux petits déjeuners d’automne. Mais le meilleur plaisir est celui du sorbet. Un sorbet à la mûre consommé le soir même, une douceur glacée où dort tout le dernier soleil fourré de fraîcheur sombre.
Les mûres sont petites, noir brillant. Mais on préfère goûter en cueillant celles qui gardent encore quelques grains rouges, un goût acidulé. On a vite les mains tachées de noir. On les essuie tant bien que mal sur les herbes blondes. En lisière du bois, les fougères se font rousses, et pleuvent en crosses recourbées au-dessus des perles mauves de bruyère. On parle de tout et de rien. Les enfants se font graves, évoquent leur peur ou leur désir d’avoir tel ou tel prof. Car ce sont les enfants qui mènent la rentrée, et le sentier des mûres a le goût de l’école. La route est toute douce, à peine vallonnée : c’est une route pour causer. Entre deux averses, la lumière avivée se donne encore chaude. On a cueilli les mûres, on a cueilli l’été. Dans le petit virage aux noisetiers, on glisse vers l’automne.

Philippe Delerm, La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules

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