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 Bipolaires, parkinsoniens, dyslexiques… Leurs incroyables talents

Des talents inattendus se développeraient chez des personnes souffrant de certains troubles ou maladies neurologiques.

La dyslexie, un stimulant pour la vision périphérique « Personne ne sait exactement comment décrire la dyslexie. Pour moi, ce n’est ni une maladie ni un trouble, juste une façon différente de voir le monde, une divergence dans le fonctionnement du cerveau. » Matthew Schneps, lui-même dyslexique, s’y connaît : cet astrophysicien vit avec ce trouble depuis toujours, et cela ne l’a pas gêné pour mener une carrière scientifique de haut niveau, notamment dans la prestigieuse université Harvard (États-Unis). Mieux : ce trouble d’apprentissage de la lecture lui a donné un vrai coup de pouce dans ses études, puis dans son travail. Les causes exactes de la dyslexie restent mystérieuses. D’après Matthew Schneps, il s’agit d’un problème d’adaptation au système de lecture et d’écriture. « Pour lire, il est nécessaire d’avoir une bonne capacité à se concentrer sur un élément précis au centre de la vision, une lettre ou un mot dans une page, décrit le scientifique.

 

Les personnes qui lisent bien développent cette habileté. Les dyslexiques n’y parviennent pas. » Mais à cause de leur difficulté à se concentrer sur un élément central, les personnes dyslexiques pourraient avoir développé une meilleure vision holistique ou globale des choses. La première étude confirmant cette théorie a été publiée en 2003 par des chercheurs américains, dont la psychologue Catya von Károlyi de l’Université de Wisconsin-Eau Claire (États-Unis). « Notre travail portait sur les constructions dites impossibles, comme les dessins de l’artiste néerlandais Maurits Cornelis Escher (1898-1972). Nous avons montré que les personnes dyslexiques avaient besoin de quelques secondes de moins que les autres pour repérer ces structures impossibles dans un dessin. Cela confirme le fait que ces personnes ont de meilleures capacités visuelles globales. »

Résultat de recherche d'images pour "dyslexique"

Depuis, plusieurs études ont confirmé ce résultat. Quel avantage cela peut-il réellement fournir au quotidien ? Pour Matthew Schneps, « dans certains métiers, il est fondamental d’avoir une vision plus globale que précise des choses. Repérer des anomalies dans une image peut être le coeur du travail ». Le chercheur pense notamment à son propre emploi d’astrophysicien. Une science encore très visuelle aujourd’hui puisqu’il lui faut souvent observer des images d’astres ou des simulations réalisées par ordinateur, pour arriver à une conclusion. « Nous avons réalisé une étude qui montrait que les astrophysiciens dyslexiques étaient meilleurs que les autres pour détecter, par exemple, la signature d’un trou noir parmi le bruit ambiant dans une simulation graphique. » Matthew Schneps dirige aujourd’hui le Laboratory for Visual Learning, au sein duquel il étudie les conséquences des différences cognitives sur l’apprentissage. Et l’astrophysique n’est pas le seul domaine dans lequel les dyslexiques peuvent exceller. La lecture d’images médicales, par exemple, nécessite aussi une bonne vision globale pour être à même de repérer des anomalies. Le syndrome d’Asperger aiguise la mémoire

Daniel Tammet est un génie. En 2004, ce poète et écrivain anglais s’est fait connaître en récitant de mémoire les 22 514 premières décimales du nombre pi, le tout en 5 heures et 9 minutes. Un an plus tard, il apprenait à maîtriser l’islandais en sept jours. Comme plusieurs millions de personnes dans le monde, il est atteint du syndrome d’Asperger, un trouble envahissant du développement (TED), d’origine neurologique. « Les patients ont beaucoup de mal à comprendre certaines parties de la communication verbale (second degré, métaphore…) ou non verbale (expression du visage, position du corps…), pourtant évidentes pour la plupart d’entre nous », indique Ovidio Ramos, psychiatre au sein du groupe hospitalier Paul- Guiraud, à Villejuif. Le sujet ne peut décoder les messages du monde extérieur, ce qui implique souvent pour lui des difficultés d’intégration.

Bibliothécaire ou comptable : des professions adéquates Mais les personnes atteintes du syndrome d’Asperger développent aussi des passions un peu particulières, comme des obsessions pour un sujet (horaires des trains, jeux…), s’investissent énormément dans ce qu’elles font et se réfugient dans une routine millimétrée. Au travail, ces particularités peuvent devenir des atouts. « Ce sont des personnes qui ont souvent tendance à persévérer beaucoup plus que la moyenne et à développer une excellente mémoire », poursuit le Dr Ramos. Toutefois, si le sy

 

Des talents inattendus se développeraient chez des personnes souffrant de certains troubles ou maladies neurologiques.

La dyslexie, un stimulant pour la vision périphérique « Personne ne sait exactement comment décrire la dyslexie.

Pour moi, ce n’est ni une maladie ni un trouble, juste une façon différente de voir le monde, une divergence dans le fonctionnement du cerveau. » Matthew Schneps, lui-même dyslexique, s’y connaît : cet astrophysicien vit avec ce trouble depuis toujours, et cela ne l’a pas gêné pour mener une carrière scientifique de haut niveau, notamment dans la prestigieuse université Harvard (États-Unis). Mieux : ce trouble d’apprentissage de la lecture lui a donné un vrai coup de pouce dans ses études, puis dans son travail. Les causes exactes de la dyslexie restent mystérieuses. D’après Matthew Schneps, il s’agit d’un problème d’adaptation au système de lecture et d’écriture. « Pour lire, il est nécessaire d’avoir une bonne capacité à se concentrer sur un élément précis au centre de la vision, une lettre ou un mot dans une page, décrit le scientifique. Les personnes qui lisent bien développent cette habileté.

 

Les dyslexiques n’y parviennent pas. » Mais à cause de leur difficulté à se concentrer sur un élément central, les personnes dyslexiques pourraient avoir développé une meilleure vision holistique ou globale des choses. La première étude confirmant cette théorie a été publiée en 2003 par des chercheurs américains, dont la psychologue Catya von Károlyi de l’Université de Wisconsin-Eau Claire (États-Unis). « Notre travail portait sur les constructions dites impossibles, comme les dessins de l’artiste néerlandais Maurits Cornelis Escher (1898-1972). Nous avons montré que les personnes dyslexiques avaient besoin de quelques secondes de moins que les autres pour repérer ces structures impossibles dans un dessin. Cela confirme le fait que ces personnes ont de meilleures capacités visuelles globales. » Depuis, plusieurs études ont confirmé ce résultat. Quel avantage cela peut-il réellement fournir au quotidien ? Pour Matthew Schneps, « dans certains métiers, il est fondamental d’avoir une vision plus globale que précise des choses. Repérer des anomalies dans une image peut être le coeur du travail ». Le chercheur pense notamment à son propre emploi d’astrophysicien. Une science encore très visuelle aujourd’hui puisqu’il lui faut souvent observer des images d’astres ou des simulations réalisées par ordinateur, pour arriver à une conclusion. « Nous avons réalisé une étude qui montrait que les astrophysiciens dyslexiques étaient meilleurs que les autres pour détecter, par exemple, la signature d’un trou noir parmi le bruit ambiant dans une simulation graphique. » Matthew Schneps dirige aujourd’hui le Laboratory for Visual Learning, au sein duquel il étudie les conséquences des différences cognitives sur l’apprentissage. Et l’astrophysique n’est pas le seul domaine dans lequel les dyslexiques peuvent exceller. La lecture d’images médicales, par exemple, nécessite aussi une bonne vision globale pour être à même de repérer des anomalies. Le syndrome d’Asperger aiguise la mémoire

 

Daniel Tammet est un génie. En 2004, ce poète et écrivain anglais s’est fait connaître en récitant de mémoire les 22 514 premières décimales du nombre pi, le tout en 5 heures et 9 minutes. Un an plus tard, il apprenait à maîtriser l’islandais en sept jours. Comme plusieurs millions de personnes dans le monde, il est atteint du syndrome d’Asperger, un trouble envahissant du développement (TED), d’origine neurologique. « Les patients ont beaucoup de mal à comprendre certaines parties de la communication verbale (second degré, métaphore…) ou non verbale (expression du visage, position du corps…), pourtant évidentes pour la plupart d’entre nous », indique Ovidio Ramos, psychiatre au sein du groupe hospitalier Paul- Guiraud, à Villejuif. Le sujet ne peut décoder les messages du monde extérieur, ce qui implique souvent pour lui des difficultés d’intégration.

Bibliothécaire ou comptable : des professions adéquates Mais les personnes atteintes du syndrome d’Asperger développent aussi des passions un peu particulières, comme des obsessions pour un sujet (horaires des trains, jeux…), s’investissent énormément dans ce qu’elles font et se réfugient dans une routine millimétrée. Au travail, ces particularités peuvent devenir des atouts. « Ce sont des personnes qui ont souvent tendance à persévérer beaucoup plus que la moyenne et à développer une excellente mémoire », poursuit le Dr Ramos. Toutefois, si le syndrome d’Asperger n’apporte pas de déficit cognitif, les patients ne sont pas nécessairement surdoués. Pour le spécialiste, le cas de Daniel Tammet reste tout à fait particulier. Plusieurs entreprises sont cependant déjà convaincues de l’atout que peuvent représenter ces individus. Asperger Informatik, en Suisse, emploie une majorité de personnes atteintes d’Asperger comme programmeurs ou testeurs de logiciels. « Pour nous, explique Susan Conza, directrice de la société et elle-même “aspie”, tout est blanc ou noir. Pour cette raison, l’informatique, et ses codes binaires de zéros et de uns, est un secteur d’activité adéquat pour qui est atteint de cette maladie. » Ces êtres hyper investis peuvent également exceller comme bibliothécaire ou libraire — métiers qui exigent une mémoire sans faille et une capacité à effectuer des tâches répétitives_—, ou encore dans le dessin technique, la comptabilité… Un environnement de travail adapté ainsi qu’un accompagnement sont toutefois nécessaires.

La maladie de Parkinson, une bien étonnante muse À l’instant où elle saisit son pinceau, Tsipi Shaish entre dans un état second. « Je n’ai jamais d’idée précise de ce que je vais réaliser avant de le faire. Je laisse ma main s’exprimer à ma place. » Certaines de ses toiles ont été exposées à Paris ou à New York, et Tsipi Shaish est une artiste reconnue. Mais elle n’a pas toujours peint. Cette sexagénaire a travaillé durant vingt-cinq ans pour une compagnie d’assurances. L’élément qui a déclenché cette passion chez elle est aussi net que surprenant : « Cela a débuté il y a dix ans, quand les neurologues ont diagnostiqué chez moi la maladie de Parkinson. Je me suis alors mise à peindre, un peu machinalement. Puis j’ai réalisé que j’avais, au fond de moi, un potentiel que la maladie révélait. »

« Lorsqu’une partie du cerveau est diminuée, une autre se développe » Tsipi Shaish est loin d’être un cas isolé. Nombre de personnes souffrant de Parkinson développent subitement un penchant pour l’art. Cette maladie d’origine inconnue affecte

le système nerveux central en détériorant certains neurones chargés de délivrer la dopamine, neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements. Elle se caractérise par des tremblements ou des difficultés motrices, et est fréquemment accompagnée d’une dépression. Mais la neurologue Rivka Inzelberg, de l’université de Tel-Aviv, a noté un fait étonnant : « Mes patients m’offrent souvent des petits souvenirs de vacances. Or j’ai remarqué que les présents des personnes atteintes de Parkinson étaient beaucoup plus tournés vers l’art que ceux des autres patients. J’ai donc décidé de creuser dans cette direction. » Dans l’une des études sur la créativité chez ces patients, la spécialiste donnait un objet du quotidien, comme une chaussure, à diverses personnes, atteintes ou non de Parkinson, et leur demandait d’en proposer une utilisation différente de son emploi classique. Résultat : les réponses les plus originales venaient des malades. « À la suite de ces recherches, explique Rivka Inzelberg, de nombreuses per sonnes atteintes de Parkinson m’ont contactée pour témoigner : elles avaient aussi commencé à peindre, écrire, composer… C’est logique selon moi : lorsqu’une partie du cerveau est diminuée, une autre se développe. » Pour Tsipi Shaish, « Parkinson n’est pas une maladie, plutôt une bénédiction »… Bien entendu, cette affirmation ne vaut que si la maladie n’est pas trop envahissante et qu’elle n’empêche pas le patient de s’adonner physiquement à sa nouvelle passion. Les toiles de l’artiste israélienne Tsipi Shaish sont aujourd’hui exposées à Paris et à New York.

Le trouble bipolaire, un dopant épisodique Classifiée en plusieurs catégories, cette pathologie se caractérise par une variation de l’humeur, entre des périodes d’excitation et de dépression. Le trouble bipolaire de type 1 se traduit par une alternance entre la dépression et la manie, état dans lequel le patient ressent une hyperactivité destructrice. « Pour Vincent Van Gogh, il s’agirait plutôt d’un trouble de type 2 », expose le psychiatre Charles Ray Lake, de l’Université du Kansas (États-Unis). Les spécialistes ont en effet tenté de décrypter au travers de ses échanges épistolaires, notamment avec son frère Théo, les troubles que le peintre pouvait présenter. Verdict : le trouble bipolaire a pu jouer un rôle important dans le travail de l’artiste.

 

 

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L’hypomanie correspond à un état d’hyperactivité euphorique « Dans le trouble de type 2, poursuit le psychiatre, l’humeur du patient oscille systématiquement entre des épisodes de dépression majeure et d’autres dits d’hypomanie [une phase intermédiaire d’hyper activité euphorique, ndlr]. Mes patients racontent qu’ils se sentent comme sur un petit nuage. Ils ont des dizaines d’idées à la minute et n’ont besoin que de très peu de sommeil. » Leur créativité et leur sociabilité sont alors dopées. L’hypomanie peut donc être un atout pour les artistes, mais aussi pour des individus occupant des fonctions fondées sur la communication verbale. Chefs d’entreprise ou politiciens, par exemple, brilleraient particulièrement dans un état d’hypomanie. Certains avancent que Napoléon ou Churchill auraient pu souffrir d’un tel trouble, lequel aurait participé à faire d’eux de grands leaders. Le problème est que cet état ne dure pas. « Lorsqu’un de mes patients est en phase d’hypomanie, précise le

Dr Charles Ray Lake, j’ai tendance à avoir peur pour lui. Cette phase est une fenêtre minuscule qui ne dure que trois ou quatre jours, la plupart du temps. » Dans de rares cas, elle peut s’étendre sur plusieurs semaines. Après cela, le malade tombe dans un état de profonde dépression, ou parfois de manie dangereuse. « Certains traitements à base de sels de lithium — qualités de régulateurs d’humeur — permettent toutefois de réduire la fréquence, l’intensité ou la durée des épisodes d’hypomanie comme de dépression », conclut le médecin. Mais en traitant les phases down, on efface simultanément les phases up…

Ça m’intéresse, juillet 2016

ndrome d’Asperger n’apporte pas de déficit cognitif, les patients ne sont pas nécessairement surdoués. Pour le spécialiste, le cas de Daniel Tammet reste tout à fait particulier. Plusieurs entreprises sont cependant déjà convaincues de l’atout que peuvent représenter ces individus. Asperger Informatik, en Suisse, emploie une majorité de personnes atteintes d’Asperger comme programmeurs ou testeurs de logiciels. « Pour nous, explique Susan Conza, directrice de la société et elle-même “aspie”, tout est blanc ou noir. Pour cette raison, l’informatique, et ses codes binaires de zéros et de uns, est un secteur d’activité adéquat pour qui est atteint de cette maladie. » Ces êtres hyper investis peuvent également exceller comme bibliothécaire ou libraire — métiers qui exigent une mémoire sans faille et une capacité à effectuer des tâches répétitives_—, ou encore dans le dessin technique, la comptabilité… Un environnement de travail adapté ainsi qu’un accompagnement sont toutefois nécessaires.

La maladie de Parkinson, une bien étonnante muse À l’instant où elle saisit son pinceau, Tsipi Shaish entre dans un état second. « Je n’ai jamais d’idée précise de ce que je vais réaliser avant de le faire. Je laisse ma main s’exprimer à ma place. » Certaines de ses toiles ont été exposées à Paris ou à New York, et Tsipi Shaish est une artiste reconnue. Mais elle n’a pas toujours peint. Cette sexagénaire a travaillé durant vingt-cinq ans pour une compagnie d’assurances. L’élément qui a déclenché cette passion chez elle est aussi net que surprenant : « Cela a débuté il y a dix ans, quand les neurologues ont diagnostiqué chez moi la maladie de Parkinson. Je me suis alors mise à peindre, un peu machinalement. Puis j’ai réalisé que j’avais, au fond de moi, un potentiel que la maladie révélait. »

« Lorsqu’une partie du cerveau est diminuée, une autre se développe » Tsipi Shaish est loin d’être un cas isolé. Nombre de personnes souffrant de Parkinson développent subitement un penchant pour l’art. Cette maladie d’origine inconnue affecte

le système nerveux central en détériorant certains neurones chargés de délivrer la dopamine, neurotransmetteur indispensable au contrôle des mouvements. Elle se caractérise par des tremblements ou des difficultés motrices, et est fréquemment accompagnée d’une dépression. Mais la neurologue Rivka Inzelberg, de l’université de Tel-Aviv, a noté un fait étonnant : « Mes patients m’offrent souvent des petits souvenirs de vacances. Or j’ai remarqué que les présents des personnes atteintes de Parkinson étaient beaucoup plus tournés vers l’art que ceux des autres patients. J’ai donc décidé de creuser dans cette direction. » Dans l’une des études sur la créativité chez ces patients, la spécialiste donnait un objet du quotidien, comme une chaussure, à diverses personnes, atteintes ou non de Parkinson, et leur demandait d’en proposer une utilisation différente de son emploi classique. Résultat : les réponses les plus originales venaient des malades. « À la suite de ces recherches, explique Rivka Inzelberg, de nombreuses per sonnes atteintes de Parkinson m’ont contactée pour témoigner : elles avaient aussi commencé à peindre, écrire, composer… C’est logique selon moi : lorsqu’une partie du cerveau est diminuée, une autre se développe. » Pour Tsipi Shaish, « Parkinson n’est pas une maladie, plutôt une bénédiction »… Bien entendu, cette affirmation ne vaut que si la maladie n’est pas trop envahissante et qu’elle n’empêche pas le patient de s’adonner physiquement à sa nouvelle passion. Les toiles de l’artiste israélienne Tsipi Shaish sont aujourd’hui exposées à Paris et à New York.

Le trouble bipolaire, un dopant épisodique Classifiée en plusieurs catégories, cette pathologie se caractérise par une variation de l’humeur, entre des périodes d’excitation et de dépression. Le trouble bipolaire de type 1 se traduit par une alternance entre la dépression et la manie, état dans lequel le patient ressent une hyperactivité destructrice. « Pour Vincent Van Gogh, il s’agirait plutôt d’un trouble de type 2 », expose le psychiatre Charles Ray Lake, de l’Université du Kansas (États-Unis). Les spécialistes ont en effet tenté de décrypter au travers de ses échanges épistolaires, notamment avec son frère Théo, les troubles que le peintre pouvait présenter. Verdict : le trouble bipolaire a pu jouer un rôle important dans le travail de l’artiste.

L’hypomanie correspond à un état d’hyperactivité euphorique « Dans le trouble de type 2, poursuit le psychiatre, l’humeur du patient oscille systématiquement entre des épisodes de dépression majeure et d’autres dits d’hypomanie [une phase intermédiaire d’hyper activité euphorique, ndlr]. Mes patients racontent qu’ils se sentent comme sur un petit nuage. Ils ont des dizaines d’idées à la minute et n’ont besoin que de très peu de sommeil. » Leur créativité et leur sociabilité sont alors dopées. L’hypomanie peut donc être un atout pour les artistes, mais aussi pour des individus occupant des fonctions fondées sur la communication verbale. Chefs d’entreprise ou politiciens, par exemple, brilleraient particulièrement dans un état d’hypomanie. Certains avancent que Napoléon ou Churchill auraient pu souffrir d’un tel trouble, lequel aurait participé à faire d’eux de grands leaders. Le problème est que cet état ne dure pas. « Lorsqu’un de mes patients est en phase d’hypomanie, précise le

Dr Charles Ray Lake, j’ai tendance à avoir peur pour lui. Cette phase est une fenêtre minuscule qui ne dure que trois ou quatre jours, la plupart du temps. » Dans de rares cas, elle peut s’étendre sur plusieurs semaines. Après cela, le malade tombe dans un état de profonde dépression, ou parfois de manie dangereuse. « Certains traitements à base de sels de lithium — qualités de régulateurs d’humeur — permettent toutefois de réduire la fréquence, l’intensité ou la durée des épisodes d’hypomanie comme de dépression », conclut le médecin. Mais en traitant les phases down, on efface simultanément les phases up…

Ça m’intéresse, juillet 2016

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La dépression est-elle toujours un tabou ?


Cette émission diffusée le 03/01/2012
par la chaîne LCP parle des difficultés à faire face au quotidien, de l’instabilité émotionnelle… Un français sur cinq connaît un épisode dépressif au cours de sa vie. Cette maladie reste complexe à diagnostiquer, faute d’instruments objectifs de mesure. Devant la honte de parler de leur souffrance, voire le déni du mal être, le cabinet du médecin généraliste reste le lieu où les patients essaient de trouver un traitement adapté.

Prévenir les rechutes dépressives, trouver des solutions alternatives et plus appropriées, telles sont les missions du docteur Christophe André, psychiatre et auteur, qui explique à Elizabeth Martichoux le bon équilibre de vie à adopter afin de se sortir de l’état de dépression.
La santé publique est au cœur de tous les grands débats qui animent notre société.
La réforme de l’hôpital, le malaise des adolescents, la dépendance, le handicap, l’alcool… Les enjeux sont nombreux.

http://www.lcp.fr/émissions/état-de-sante/19644-la-dépression-est-elle-toujours-un-tabou

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Actualités sur la bipolarité


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Actualités sur la bipolarité_001

Le 30 mars 2016 avait lieu la journée mondiale sur la bipolarité. Dans l’esprit de beaucoup de monde, c’est de la folie !
Joyeuses, euphoriques puis plongées dans la déprime, les personnes bipolaires sont difficilement diagnostiquées. La maladie affecte autant les femmes que les hommes qui souffrent de préjugés liés à une pathologie sous-estimée par le grand public.
En l’espace de quelques heures, le malade bipolaire peut basculer de l’euphorie à une profonde déprime. « Pratiquement à chaque fois qu’on va dans une phase maniaque, si on n’a pas un traitement solide, on passe presque immédiatement dans une phase dépressive très très forte », raconte sur RMC Patrick Cuvillier pour qui la maladie a bouleversé son quotidien.
« On peut se mettre dans des situations financières où on peut acheter des voitures de luxe alors qu’on n’a pas les moyens. Moi j’ai fait ça avec une grosse maison (…). Les amis ou les proches, ou la famille prennent de la distance, parce qu’on est de drôles de gens. La bipolarité dans l’esprit de beaucoup de monde c’est de la folie, il y a une stigmatisation très forte », explique ce malade.
La journée mondiale des troubles bipolaires qui se déroule ce 30 mars vise justement à sensibiliser à ces troubles. La stigmatisation est d’autant plus grande que la maladie met parfois du temps à être diagnostiquée, dix ans en moyenne. Nathalie a vécu cette incompréhension des médecins face à sa maladie: « Je n’ai pas été diagnostiquée en temps et en heures. Je suis tombée sur un psychiatre qui n’a pas fait le bon diagnostic ». Il lui faudra être hospitalisée dans une clinique psychiatrique pour qu’un médecin lui parle de cette maladie. Ce retard de cette prise en charge peut avoir des conséquences terribles « entre 15 et 20% des personnes atteintes de troubles bipolaires peuvent faire des tentatives de suicide », relève Marion Leboyer, responsable du pôle psychiatrique du CHU Henri-Mondor.

Des causes génétiques :
La maladie qui affecte autant les hommes que les femmes apparaît généralement entre 15 et 25 ans et a de multiples origines.
« C’est une maladie liée à plusieurs facteurs qui vont entrer en ligne de compte notamment des facteurs génétiques qui vont prédisposer à la maladie. Et puis au gré d’événements liés à l’environnement, ils vont déclencher la maladie : des facteurs de stress, les ruptures amoureuses, les deuils… tous les événements qui vont bouleverser notre vie émotionnelle et nos habitudes », explique le docteur Marc Masson, psychiatre à Garches. Des prises de cannabis ou de cocaïne peuvent aussi déclencher la maladie.
La maladie toucherait 1,3 million de personnes en France. Une maladie dont on ne guérit pas mais qui se soigne grâce à des médicaments et des psychothérapies.
http://vous.bfmtv.com/psycho-sexo/journée-mondiale-de-la-bipolarité-dans-l-esprit-de-beaucoup-de-monde-c-est-de-la-folie-963075.html
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les groupes d’entraide mutuelle.

le lundi 7 décembre 2015

En participant, le 1er décembre, au colloque « GEM : évolution et perspectives », Ségolène Neuville entendait aussi marquer le dixième anniversaire des groupes d’entraide mutuelle, ces structures originales, qui œuvrent à l’insertion des personnes handicapées. La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion a notamment rappelé que « dix ans après leur création, [les GEM] ont su prendre une place essentielle et particulière ». Leur nombre est ainsi passé de 117 en 2005 à 403 à la fin de 2014 (352 pour les personnes en situation de handicap psychique et 51 pour les personnes cérébrolésées).

Une entraide directe et sans contrainte Pour Ségolène Neuville, le GEM, « c’est d’abord l’entraide directe entre personnes concernées, sans contrainte », mais également « un dispositif qui permet la reconnaissance des compétences, des savoir-faire des personnes en situation de handicap psychique et donc du changement du regard social sur les personnes qui gèrent et fréquentent le GEM ». C’est enfin « un lieu d’élaboration de projets et d’initiatives, parfois individuels souvent collectifs, de prises d’initiatives citoyennes » La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a aussi rappelé que les GEM sont des « objets non institutionnels », qui restent fragiles, se construisent progressivement et nécessitent un appui variable selon les moments. En conséquence, « la main du politique doit rester souple et subtile ». Elle a également souligné le rôle des élus locaux, qui s’intéressent aux GEM, « au même titre qu’ils s’engagent dans le développement des conseils locaux de santé mentale ».

Près de 27.000 personnes ont fréquenté un GEM en 2014 A l’occasion de ce dixième anniversaire, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) – qui finance les GEM depuis 2011 à travers le fonds d’intervention régional (FIR) délégué aux agences régionales de santé (ARS) – publie son traditionnel bilan annuel de l’activité de ces structures. Portant sur l’année 2014, il dénombre 393 GEM financés au cours de l’année, soit 20 de plus qu’en 2013, mais un chiffre un peu inférieur à celui annoncé par la ministre. Les GEM créés en 2014 se répartissent dans seize régions. En termes de financement, la CNSA a alloué 29 millions d’euros à ces structures. Un montant multiplié par six en dix ans et qui représente aujourd’hui 90% du financement des GEM, le solde venant essentiellement des collectivités territoriales. Au total, le financement moyen a été, l’an dernier, de 73.792 euros par GEM, pour un plafond de 75.000 euros. Si la dynamique de création se maintient, la fréquentation des GEM tend en revanche à se stabiliser. Près de 27.000 personnes ont ainsi fréquenté ces structures en 2014, soit une moyenne d’environ 67 personnes par GEM. En termes de statut, la très grande

majorité (89%) des GEM sont constitués en association d’usagers. Par ailleurs, plus de 90% d’entre eux ont signé une convention de parrainage avec une association (88% des cas) ou avec établissement de santé ou une fédération (12% des cas). Il s’agit là d’une des originalités du fonctionnement des GEM, le « parrain » assurant un appui au fonctionnement. De même, dans leurs relations avec leur environnement, il apparaît que près de 50% des GEM ont une convention de partenariat avec la commune d’implantation, près de 53% ont un partenariat avec les acteurs de l’insertion sociale et professionnelle, près de 75% avec les acteurs de l’offre et de l’accompagnement et près de 80% avec le milieu.
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Maladies mentales : une lutte contre les préjugés.

         Pour que la société cesse de stigmatiser les troubles psychiques :

Cliquez sur le lien ci dessous.

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-maladies-mentales-une-marche-contre-les-prejuges_13714.htm
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Impact des groupes d’entraide mutuelle


Impact des groupes d’entraide mutuelle 

Six régions évaluent la portée de G.E.M. sur le quotidien des usagers handicapés. (HOSPIMEDIA, 29 octobre 2016)

Volonté d’amélioration du fonctionnement de l’action publique à l’esprit, la Direction générale de la cohésion sociale (D.G.C.S.) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (C.N.S.A.) se lancent dans une nouvelle étude. Afin de mesurer les effets induits par la fréquentation des groupes d’entraide mutuelle (Gem) sur la situation de vie des adhérents, elles viennent de missionner l’association nationale des centres régionaux d’études, d’actions et d’informations en faveur des personnes vulnérables (Creai) sur une évaluation qualitative. Lancée le 2 octobre sur six régions de France, celle-ci devrait s’achever en juillet 2016.
Bretagne, Île-de-France, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Lorraine et Nord-Pas-de-Calais… au total, 25 des 394 Gem de France participeront à cette étude*. Réalisée à partir d’entretiens croisés auprès d’une cinquantaine d’adhérents, la démarche « ne cherche pas tant à établir une représentativité statistique que la diversité de fonctionnement des Gem », précise Lise Burgade, directrice adjointe des établissements et services médico-sociaux à la C.N.S.A., en évoquant par exemple les Gem itinérants.

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Sur cette base, les données recueillies devraient permettre d’identifier les changements perçus par l’usager quant à ses choix, ses compétences sociales, ou encore l’expression de son projet de vie depuis son inclusion au sein du Gem. Mais, au-delà, c’est toute l’imbrication du Gem dans son écosystème qui semble intéresser. Que ce soit dans le secteur social, médico-social, sanitaire, l’insertion dans la cité, « il s’agit de ne pas réduire le Gem à un dispositif complémentaire à la politique médico-sociale ou à un dispositif passerelle vers les dispositifs médico-sociaux, […] mais de discerner dans quelle mesure la participation au Gem favorise l’accès de ses adhérents aux autres ressources du territoire« , complète Lise Burgade. « Matière première à la compréhension des parcours de vie des adhérents« , les éléments qui remonteront de l’étude pourraient donc mieux appréhender les mécanismes facilitateurs d’accès aux dispositifs de droit commun, auprès d’une population connue pour sa situation de non-recours aux droits. Et peut-être déboucher sur des recommandations concernant le développement de partenariats souhaités et sur de nouveaux indicateurs, utiles à de futurs bilans d’activités.
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Gem : points de repère

Créés en 2005 dans le cadre de la loi Handicap du 11 février pour répondre aux besoins des usagers et associations de handicap psychique, les groupes d’entraide mutuelle (Gem) bénéficient aux personnes en situation de handicap psychique ou souffrant de lésions cérébrales. Organisés sous forme associative, ils entendent favoriser le lien social et lutter contre l’isolement en offrant un lieu de rencontre, d’échange et de soutien aux adhérents. On compte aujourd’hui 394 Gem en France.

Agathe Moret
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Quelques critiques du film
:
« Les voix de ma sœur sont un documentaire sur la schizophrénie, un énième qui montrerait combien la maladie psychique est dure, est triste, chronique, presque sans espoir… Ce film est la déclinaison des modes de la liberté humaine, y compris dans la folie qui l’excède. C’est un éloge de la parole et de ses effets. »
« La portée de ce travail dépasse largement le cadre de la maladie, c’est un film sublime sur la famille, l’amour, la solitude le rapport à autrui… On sort de ce film plus confiant en l’humanité et je vous en remercie. »
« Un film qui ouvre sur la vie. La maladie est comme une grande baudruche qui enferme. Ce film montre de manière directe et concrète qu’on peut vivre avec la maladie, qu’elle peut ne pas enfermer et que la vie continue. »
« Ce film a le mérite de montrer la personne souffrant de maladie psychique sous un angle plus proche de la réalité que les médias ne l’ont jamais fait jusqu’à présent (à ma connaissance en tout cas). Ici pas de drame, juste une histoire vraie, touchante par sa justesse et non par artifice ».

Ce message a été écrit par Irène à l’occasion de la projection du film, le 28 janvier 2012, et lu lors des projections et des débats autour de ce film.
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Bonjour à tous,

 

Je voudrais vous dire, pour l’avoir vécu moi-même, que rien ne remplace la parole : tout le film repose sur la parole.
La parole permet d’exister, elle brise les tabous, les craintes, elle dé stigmatise, elle crée des liens, c’est grâce à elle que les choses peuvent progresser.

Mais cette parole doit circuler à l’intérieur d’une alliance solide entre famille, soignants et malade !

L’alliance, c’est le cheval de bataille du film.
Je sais qu’elle n’est pas toujours à l’ordre du jour, ni dans les familles ni dans les hôpitaux et que la parole des malades est parfois dure à obtenir et souvent aussi dure à recevoir.

Je sais aussi qu’il est très important que vous puissiez vous retrouver entre vous, familles d’un côté, soignants d’un autre, pour réfléchir et vous entraider.
Mais s’il vous plaît, Ne mettez pas vos proches malades à l’écart. Ne vous découragez pas, faites en sorte qu’ils ne soient pas toujours un problème, mais plutôt une personne, qui a besoin du soutien de ceux que j’appellerais ses partenaires, à savoir vous, la famille et les soignants.

Le malade, il faut le responsabiliser, l’aider à se dire, à se mettre en parole pour ne pas être celui à qui l’on ne demande rien et que finalement sans le savoir, on rejette…

Moi-même, oser parler à ma famille comme je l’ai fait et eux aussi aux soignants, m’a donné la force de continuer à vivre avec ma maladie. Parce que j’avais tissé des liens de confiance avec mes partenaires. C’est cela qui m’a permis de rester digne et adulte car il n’y a rien de pire que l’infantilisation. J’étais aussi reconnue comme une personne à part entière : une personne que l’on écoute et non pas une personne dont souvent on se méfie…

Tous, vous avez un rôle crucial à jouer mais s’il vous plaît, faites confiance à vos proches malades ! Faites les parler. Et assumez les car ils ont besoin de vous, besoin des associations et besoin de la société ! Il faut les aider par tous les moyens. Mais pour pouvoir aider et pour qu’ils puissent demander de l’aide, il faut d’abord un minimum de confiance, un minimum d’alliance. Il faut parler et donner la parole…

Voilà ce que je voulais vous dire.

Irène

Octobre 2015

http://www.dailymotion.com/video/xmjd3o_les-voix-de-ma-soeur_tech

https://www.youtube.com/watch?v=jLdvHlZD5Rs


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Au travail, le tabou du handicap psychique demeure

 

Image1ete 2014

Schizophrénie, troubles bipolaires ou de la personnalité… les entreprises se sentent souvent démunies face à ces maladies que les salariés eux-mêmes évoquent difficilement.

Alors que s’achève la 15e semaine pour l’emploi des personnes handicapées, il est un mal que l’entreprise ne sait pas prendre en compte. Le handicap psychique, dont souffrent environ 600.000 personnes en France y est encore tabou, ce qui complique l’embauche et le maintien dans l’emploi des malades. Distinct du handicap mental, il n’a été officiellement reconnu que dans la loi de 2005. Sa reconnaissance ne s’est toute fois accompagnée d’aucune définition.

Le handicap psychique peut être la conséquence de diverses maladies : psychoses -en particulier la schizophrénie- troubles bipolaires, troubles graves de la personnalité ou encore certains troubles névrotiques graves, comme les TOC, troubles obsessionnels compulsifs. Les associations estiment à environ 600.000 en France le nombre de malades, affectés dans leurs relations ou leur comportement au travail. En tout, un tiers des Français vont être confrontés, directement ou dans leur entourage, à ce handicap

Or « il y a dans les entreprises une incompréhension totale de ce handicap », a estimé Diane Flore Depachtère, dirigeante de DFD Consulting, cabinet spécialisé dans les politiques de diversité. « Les préjugés sont nombreux », a-t-elle détaillé: « les DRH craignent que les personnes recrutées atteintes de ces troubles fassent des « pétages de plombs » sur les lieux de travail, que le taux de suicide explose… »

Soumises à des obligations d’emplois de personnes handicapées, les entreprises pensent d’abord à embaucher des handicapés moteurs, a confirmé Karine Reverte, directrice du Comité de coordination action handicap, lors du colloque. Celles qui sont confrontées au
handicap psychique semblent parfois démunies face à ces incidences au travail. « On est en veille permanente », a témoigné Dominique Bourbier, responsable d’équipe chez Orange.
Évoquant le cas d’un salarié « en poste depuis trois ans, et dont les soucis s’aggravent »,
elle a détaillé ses difficultés d’insertion professionnelle: « il met en moyenne 15 minutes à s’installer et 40 minutes à préparer ses affaires pour partir ». « Cela crée des tensions avec ses collègues, qui ne comprennent pas la maladie avec ses obsessions, ses contrôles,
les arrêts de travail à répétition, ou le fait qu’il redemande sans cesse si son travail est bien fait », a-t-elle raconté. « Toute l’ambiguïté de la situation, c’est qu’on sent qu’il a besoin de travailler et qu’il veut toujours bien faire », a ajouté Dominique Bourbier.
En effet, la travail se révèle être une expérience bénéfique pour les personnes en situation de handicap psychique, soulignent les associations. Mais « les entretiens d’embauche sont souvent vécus comme une barrière infranchissables », a souligné Marli Stiefattre, responsable à l’association d’entraide « Vivre ». « L’idée d’expliquer ses
troubles dans un CV, la crainte des réactions de l’employeur sont autant de freins pour les demandeurs d’emplois », a-t-elle expliqué.

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Quels sont les préjugés sur les maladies mentales ?

Les représentations sociales de celles-ci sont globalement péjoratives. Partout, on retrouve cette même stigmatisation.

Les malades mentaux sont affublés d’un certain nombre de caractéristiques : inhumanité, imprévisibilité, incurabilité, violence, dangerosité, paresse. C’est la « théorie de l’étiquetage » : à partir du moment où quelqu’un est différent, il nous fait peur, il suscite la méfiance et nous le mettons à distance. Toutefois, les préjugés varient d’une maladie mentale à une autre. Ainsi, dans l’opinion publique, on retrouve un sentiment de proximité vis-à-vis de la dépression. En effet, chacun d’entre nous connaît une personne qui a été frappée par cette maladie. Par ailleurs, la dépression est associée aux malheurs ambiants et suscitera davantage d’empathie. En revanche, la schizophrénie cumule le plus de préjugés. Le traitement médiatique de certains faits divers a renforcé l’association de cette pathologie à l’idée de dangerosité. Or, en réalité, les malades mentaux ont bien plus de risques d’être victimes de sévices ou de gestes violents que d’agresser quelqu’un.

Quelles sont les autres conséquences de cette stigmatisation sur les malades ?

Ils se sentent rejetés socialement. Ils expriment un vécu de honte pour eux et pour leur famille, un fort sentiment de dévalorisation, une perte d’estime de soi. La stigmatisation génère également une discrimination sociale, avec des difficultés à accéder au logement, à l’emploi, au réseau relationnel, intime. Elle a des conséquences sur la qualité de vie de ces personnes mais également sur l’évolution de la pathologie. En effet, les malades partagent les mêmes représentations négatives que le reste de la société. Ils refusent l’idée de souffrir d’un trouble psychiatrique, d’en parler, ce qui va retarder leur recours aux soins. Or, dans la maladie mentale, la prise en charge médicale est déterminante.

Qu’en est-il au G.E.M. Galaxie ?

En y adhérant  en 2009, j’y ai rencontré de nombreux copains et copines qui souffrent de maladies mentales mais je n’y ai jamais vu de fous au sens de personnes ayant perdu la raison. Des gémistesparlent  de la stigmatisation du G.E.M.   Ils se préservent donc en se fréquentant entre eux, évitant ainsi d’autres rencontres jugées par avance condamnatoires…  Ils en ont marre d’être marqués au fer rouge et sujets d’opprobre. Moi-même, j’explique rarement aux gens qui se prétendent « normaux » que l’UNAFAM. a crée le G.E.M., que l’hôpital Sainte-Marie y intervient ni que je vois un psychiatre que ma dépression m’a donné la chance de rencontrer. Tant pis pour ceux qui ne comprennent rien à cet univers et le condamnent ! Car entre gémistes, on se comprend. Je suis à peu près sure que la souffrance nous a appris l’humilité et son corollaire l’empathie. Et puis, au G.E.M., on est bien, on forme une petite famille, on est heureux de se retrouver, discuter, faire un jeu, s’activer, élaborer des projets pour notre association, refaire le monde en somme !  Et même si c’est un vœu pieux, changez votre regard sur les troubles psychiques
!http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-maladies-mentales-une-marche-contre-les-prejuges-13714.asp?1=1
V.R.G.
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